Coop Vidéo de Montréal

L’art d’abord et avant tout

Par Laurence Hallé

Avec une cinquantaine de films derrière la cravate et plus de trente ans de tournage, la coopérative de producteurs Coop Vidéo est l’une des plus anciennes de Montréal et elle continue sur sa lancée. Gros plan sur une coopérative qui a le feu sacré.

La priorité de l’entreprise est claire, il faut donner le plein pouvoir aux membres. « On croit au contrôle éditorial par le créateur, c’est crucial pour nous », explique la coordonnatrice générale de la coopérative, Virginie Dubois. À la fin des années 70, une poignée d’aspirants réalisateurs et autres artisans se sont regroupés pour exercer leur art à leur manière. Les quinze membres actuels de l’entreprise sont tous animés par une seule et même philosophie du cinéma, celui dit d’auteur. Aux dires de Virginie Dubois, la pérennité de la coopérative serait ainsi due à des références claires de ce que les artistes veulent créer. Ça, et l’aspect très familial qui règne au sein de l’entreprise, les privilégiés qui deviennent membres ayant été triés sur le volet au fil des ans. « En quelque sorte, nous sommes un bien collectif ! », décrit la productrice Lorraine Dufour.

Tricotté serré

La mission première de la coopérative est donc de trouver coûte que coûte le montage financier nécessaire pour produire le film qu’a en tête le réalisateur, qu’il exige un budget de cinq millions ou de quelques milliers de dollars. Il arrive que les membres de la coopérative doivent se saigner, à même leur cachet, pour combler un budget déficitaire. Qu’à cela ne tienne, les membres de la coopérative tiennent mordicus à maintenir vivant le cinéma indépendant. « Par les temps qui courent, où l’on ne compte plus les coupures en culture, ça fait du bien de savoir qu’on appartient à une même boîte qui défend nos oeuvres », remarque Virginie Dubois.

C’est ainsi qu’ont vu le jour les Gaz Bar Blues (Louis Bélanger), Que Dieu bénisse l’Amérique et Le Nèg’ (Robert Morin) ou Mariages (Catherine Martin), tous des succès griffés Coop. « Nous trouvons important que le public associe nos films à la coopérative, car ainsi ils pourront être assurés que notre signature est gage de qualité, selon nous », explique Virginie Dubois. Cette vision cinématographique, ils se font un devoir de la diffuser à la relève en cumulant les tables rondes et conférences universitaires. La coopérative offre également un prix depuis quelque temps, en partenariat avec Prends ça court !, une rétrospective des courts métrages québécois tournés au cours de la dernière année. Une somme d’argent accompagne un encadrement de l’un des ténors de la coopérative pour le prochain projet du lauréat.

(Photo ci-haut: Le plus grand succès populaire de la Coop Vidéo aura été Gaz Bar Blues, un film de Louis Bélanger)

Aller voir ailleurs

Question de diversifier leur source de revenus, la coopérative tisse des liens outre-Atlantique dans l’espoir de réaliser des films en collaboration avec la France ou la Belgique, entre autres. Lorsque l’une de leur histoire a pour trame de fond l’Europe, des pourparlers s’enclenchent en vue de diviser les coûts de production, comme c’est le cas à l’heure actuelle pour un documentaire.

Coop Vidéo de Montréal
1124, rue Marie-Anne Est, bureau 21
Montréal (Québec) H2J 2B7
Téléphone : 514 521-5541
www.coopvideo.ca

Une scène tirée de la dernière production de la Coop Vidéo de Montréal, The Timekeeper

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