Coopérative Contact

Une coopérative au regard futuriste

Par Laurence Hallé

Développement durable. Ces deux mots, s’ils sont familiers aux oreilles québécoises, demeurent toutefois nébuleux après plus de vingt ans d’existence. Les exemples concrets ne sont pas monnaie courante mais les fondateurs de la Coopérative Contact, basée à Saint-Elzéar en Gaspésie, sont déterminés à renverser la vapeur. Leur projet, des plus ambitieux, est de bâtir le monde de demain. Ni plus ni moins.

Jeune entrepreneur à l’enthousiasme contagieux et président de la coopérative, Ronald Arsenault a oeuvré à titre de biologiste et de consultant pendant plusieurs années. Avec l’avènement des crises de toutes sortes, à commencer par la crise forestière qui a frappé de plein fouet la région gaspésienne, il s’est engagé dans une réflexion avec d’autres professionnels. Leur constat : la planète Terre ne tiendra pas la route encore très longtemps avec pareil régime de vie. La stratégie choisie est donc de modifier les comportements humains pour qu’ils deviennent plus responsables. Les cinq membres fondateurs de la coopérative de solidarité, en fonction depuis un an et demi, ont consacré toutes leurs énergies à développer Contact pour prouver que « même en région, on peut contribuer à changer la société », souligne Ronald Arsenault.

Les membres fondateurs de la Coopérative Conatct, dans l’ordre habituel : Isabelle Godin, Pierre Etcheverry, Ronald Arsenault, Mélanie Guérette et Royal Arsenault

Le trio gagnant

La coopérative comporte trois volets, une association qui maximise les possibilités de financement gouvernemental mais surtout qui vont de pair. Contact Innovation est un rassemblement de 5 000 chercheurs, dont ceux de l’Université du Québec à Rimouski et du Consortium en foresterie Gaspésie-Les-Îles. Ils mettent sur pied des technologies pour bâtir une écocollectivité. Le consortium Contact Signature est l’usine où sont fabriqués les produits, à partir de résidus de bois, parmi lesquels le bardeau de mélèze, les plafonds préfabriqués, les gouttières de bois. À partir de rebus de bois, les travailleurs de cette division de la coopérative produisent des objets de grande valeur, contribuant du même coup à la revalorisation de l’industrie forestière. Afin d’être entièrement écolos dans leur mise en marché, les travailleurs envisagent un transport par train ou par bateau vers les points de distribution. Enfin, Contact Nature, encore embryonnaire, servira de vitrine aux résultats de la coopérative sous la forme d’un village du futur, un site de villégiature qui enseignera aux touristes comment adopter une vie écoresponsable. Déjà, des écoquartiers de municipalités de la région ont fait appel à leur service d’accompagnement pour s’engager dans cette tendance. Un volet éducatif sera également développé sous la forme de présentations sur le développement durable fournies à plusieurs écoles primaires de la région. Si tout va bon train, les membres fondateurs de Contact souhaiteraient voir leur topo lancé à travers tout le réseau scolaire québécois.

« Nous jouons à la fois sur l’offre, avec la mise en marché de nos produits, et la demande, en modifiant les mentalités. C’est pour cela que nous allons changer le monde. »

Un projet de société

Le chiffre d’affaires de la coopérative a été de 500 000 $ à la fin de la première année d’activité, un succès si l’on considère que les nouvelles entreprises sont souvent gages de déficits. Fort de ce trio entrepreneurial, Ronald Arsenault est convaincu du succès de la coopérative. « Nous jouons à la fois sur l’offre, avec la mise en marché de nos produits, et la demande, en modifiant les mentalités. C’est pour cela que nous allons changer le monde », souligne Ronald Arsenault.

Coopérative Contact
134, chemin Mercier
Saint-Elzéar (Québec) G0C 2W0
Téléphone : 418 534-5509
www.contactfutur.com

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