Coopérative de producteurs Profid’Or

Avoir du pain sur la planche

Par Laurence Hallé

L’agriculture québécoise n’a pas la réputation d’avoir la vie facile, devant souvent gérer les humeurs maussades de Dame Nature auxquelles s’ajoute cette année une crise économique. Malgré tout, la Coopérative de producteurs Profid’Or (Producteurs Fidèles à leur Organisation), dont le siège social est basé dans la région de Lanaudière, a le vent dans les voiles. Son dernier rapport annuel fait état d’un chiffre d’affaires de plus de 155 millions de dollars.

Profid’Or mène la parade des coopératives agricoles au Québec et figure parmi les cinq plus importantes, sur les 91 existantes. Ses origines remontent aussi loin que 1929, avec la création d’un premier comptoir avicole. Les agriculteurs de l’époque voyaient ainsi une façon de protester contre les prix des fournisseurs, jugés trop élevés. De fil en aiguille, les fusions entre diverses entreprises ont abouti à ce qu’est aujourd’hui la coopérative, soit un regroupement de huit compagnies, chapeautées par la Coop fédérée. « L’histoire de Profid’Or est à l’image de l’évolution de l’agriculture au Québec, qui a connu beaucoup de fusions pour affronter adéquatement les réalités du marché », explique le directeur général de la coopérative, André Langlois.

Reste que l’entreprise a maintenant 800 membres de divers secteurs agricoles à fournir en équipements de toute sorte. Les producteurs vont s’approvisionner dans les divers points de vente et quincailleries de la coopérative pour le pétrole ou les fertilisants, entre autres. Les quincailleries de Profid’Or sont par ailleurs ouvertes au grand public, question d’élargir le marché et d’accroître les revenus. En plus de ce service de fournisseur, l’entreprise assure la mise en marché de ses membres producteurs de grains. Pour dynamiser la relève, Profid’Or a mis sur pied deux programmes d’aide à l’acquisition pour les nouveaux producteurs; un prêt sans intérêt sur cinq ans ainsi qu’une remise sur les profits faits par la coopérative pour la vente de ses produits.

La distinction par l’écoute

Selon André Langlois, la formule coopérative permet à l’entreprise d’être davantage à l’écoute des besoins des membres et de s’y adapter plus rapidement que ce qui se fait à l’intérieur d’une entreprise privée. Il cite l’exemple d’un serviceconseil proposé aux agriculteurs depuis quelques années, à la suite de l’adoption d’une loi provinciale obligeant les producteurs à se doter d’un plan agro-environnemental. « En concentrant nos actions vers le service aux membres, on s’assure leur fidélité et c’est rentable à long terme », ajoute-t-il.

Profid’Or a entamé un projet d’envergure il y a deux ans, avec la collaboration de la Coop fédérée et de plusieurs coopératives de la province. Chrysalide vise la restructuration de tous les secteurs d’activité de l’agriculture. « En mettant en commun nos forces, on va passer par exemple de 50 meuneries à 13, mais ces 13 là seront à la fine pointe de la technologie. Les coûts des intrants vont diminuer pour les producteurs », explique André Langlois. Outre Chrysalide, Profid’Or donne également dans la recherche scientifique et travaille à l’heure actuelle à l’élaboration d’une énergie verte, en collaboration avec un promoteur agricole. Le but est de produire 12 millions de litres d’éthanol avec des résidus de récolte de deuxième génération.

Coopérative de producteurs Profid’Or
839, rue Papineau
Joliette (Québec) JE6 2L6
Téléphone : 450 759-4041
www.profidor.qc.ca

Les membres du conseil d’administration de la coopérative de producteurs Profid’Or

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