Coopérative de travail du pavillon de Beauharnois

Sortir des sentiers battus

Par Laurence Hallé

Pionnier dans le domaine de la coopérative de travail en santé au Québec, le pavillon de Beauharnois roule sa bosse depuis maintenant plus de treize ans. Le centre d’hébergement pour personnes âgées est bien connu et surtout, fort apprécié dans la ville de Beauharnois en Montérégie.

Au début des années 90, les coupures de poste s’accumulaient à la Résidence Champlain, centre d’hébergement pour les aînés. Puis, le couperet est tombé et l’endroit a fermé ses portes. Vingt et une personnes âgées, anciens locataires de l’entreprise privée, devaient être relogées. Les préposés aux bénéficiaires de la résidence, nouvellement sans emploi, se sont alors regroupés pour fomenter un projet qui leur permettrait de retrouver leur poste. Un groupe de concertation pour le maintien et le développement de l’emploi du Québec s’est penché sur la question et avec quelques experts de MCE Conseils et de la CSN, ils se sont engagés dans une voie qui leur était peu familière, la coopérative de travail. « On a été très bien soutenus par ces gens, nous ne les remercierons jamais assez », souligne la présidente de la coopérative, Céline Gendron. Les travailleurs ont gagné l’appel d’offres, leur projet étant celui qui répondait le mieux aux normes gouvernementales.

Le nerf de la guerre

Les cinq membres fondateurs ont dû amasser la rondelette somme d’un million et demi de dollars pour la construction et l’élaboration du pavillon Beauharnois. En plus de l’aide financière de la Caisse d’économie solidaire Desjardins, plusieurs agrégations religieuses ont consenti à verser de généreux prêts. Les Soeurs Grises de Montréal et le Centre Missionnaire Sainte- Thérèse ont par ailleurs transformé ces prêts en dons en 2005. « Ils sont venus visiter les lieux et ont constaté à quel point nous mettions du coeur à l’ouvrage. Nous avons en commun le souci du bien-être des personnes âgées », poursuit Céline Gendron. La gestion du pavillon ayant toujours été serrée, ils peuvent voir leurs conditions de travail améliorées. C’est par ailleurs ce contrôle qui leur plaît. « Nous embauchons du personnel qualifié, donnons des ristournes, tous les membres sont propriétaires de l’entreprise et leur emploi est protégé. Ce sont des avantages qu’on ne retrouve pas dans le privé », explique la présidente de la coopérative. Une équipe de Sainte- Lugie, en Beauce, inspirée par la réussite du pavillon Beauharnois, s’est enquise de leur expertise. Une seconde coopérative de travail dans le milieu de l’hébergement pour personnes âgées a ainsi vu le jour.

Soucieux de demeurer performants, les membres de la coopérative ont reçu dernièrement de multiples formations dans le cadre d’une orientation stratégique établie avec l’aide d’Emploi- Québec. Les travailleurs souhaitent ainsi mieux se positionner sur le marché. D’ici peu, une aile du pavillon sera consacrée exclusivement à la clientèle atteinte de la maladie d’Alzheimer afin de maximiser le bien-être de tous les résidents. « La cohabitation entre les personnes qui souffrent de la maladie et celles qui ne l’ont pas ne provoque pas de très gros conflits, mais cette distinction va faciliter la tâche des membres », explique Céline Gendron.

Coopérative de travail du pavillon de Beauharnois
16, rue Saint-Laurent
Beauharnois (Québec) J6N 1V3
Téléphone : 450 225-3046
www.pavillonbeauharnois.com


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