Coopérative des travailleuses et travailleurs du Café Campus
Le café qui renaît de ses cendres
Par Laurence Hallé
Le Café Campus est un véritable feu roulant depuis plus de quarante ans. La discothèque a fait le bonheur de plus de six millions de joyeux lurons et a vu défiler les Beau Dommage, Diane Dufresne, Plume Latraverse et autres Colocs de ce monde. Sous ce vernis scintillant et glamour se cache une coopérative autogérée bien ancrée dans les valeurs des tenanciers du célèbre établissement montréalais. Pleins feux sur une coopérative on ne peut plus modèle.
Aux dires de la présidente de la coopérative, Katerine Payeur, la clé de la réussite réside dans le caractère diversifié de la coopérative. « Si ça continue de fonctionner, c’est parce que tout le monde y met du sien en apportant ses idées. » Ainsi, les quelque trente-cinq travailleurs et propriétaires du Café Campus assistent à plusieurs assemblées générales tout au long de l’année pour participer aux prises de décisions. Outre le Café Chaos et le Divan Orange, également gérés sous la forme coopérative, le Café Campus et son modèle d’autogestion fait figure d’exception dans le milieu. La coopérative de travail a par ailleurs raflé les prix de la Coopérative de l’année en 1998 et celui de la décennie en 2006 à l’occasion du Gala des Prix du Mérite coopératif, remis par la Coopérative de développement régional de Montréal-Laval.
Genèse d’une réussite
La recette d’un tel succès tient également à la persévérance de ses membres devant la multiplication des embûches rencontrées au fil des ans. Les premiers balbutiements du Café Campus remontent à 1967, alors que l’Association étudiante de l’Université de Montréal fait un pied de nez à la cafétéria universitaire en inaugurant son propre café dans le quartier Côte-des-Neiges. Après quelques années difficiles, l’établissement devient déficitaire et l’association souhaite s’en débarrasser. Pour préserver leurs emplois, les travailleurs du Café Campus achètent l’établissement en 1981, après des négociations serrées. L’autogestion fait déjà sa marque et les travailleurs se tiennent les coudes pour relancer le bar. Les dix années suivantes sont couronnées de succès. Près de 400 000 personnes viennent se déhancher chaque année sur la piste de danse du Café Campus. Seulement, le voisinage n’apprécie pas cette vie nocturne. À la suite d’une bataille juridique importante où les finances de la discothèque ont fondu comme neige au soleil, le Café Campus déménage au coeur du centre-ville sur Prince-Arthur et y a pignon sur rue depuis. La piste de danse n’a pas dérougi et des hordes de bons vivants continuent d’affluer.
Lendemain de veille
Les membres du Café Campus se remettent tout juste de la grande fête qui a souligné les quarante ans d’existence du bar en février 2007. Pour l’occasion, une semaine intense en festivités a eu lieu à laquelle une impressionnante brochette de quarante artistes ont participé, parmi lesquels Malajube, Galaxie 500 et Xavier Caféïne. « Nous encourageons le développement de la scène locale en offrant la salle gratuitement aux jeunes artistes et nous les aidons à faire leur promotion », mentionne Katerine Payeur. Le Café Campus propose un éventail très large de spectacles, couvrant à la fois la scène francophone et anglophone de Montréal. Bon an mal an, ce sont plus de 300 spectacles qui sont offerts au public.
Coopérative des travailleuses et des travailleurs du Café Campus
57, rue Prince-Arthur Est
Montréal (Québec) H2X 1B4
Téléphone : 514 844-1010
www.cafecampus.com
Le Café Campus est reconnu pour ses soirées
thématiques Francophone, Rétro et Hits-moi


