Coopérative du Théâtre Parminou
La célébrité discrète
Par Chantal Jolicoeur
Dans la vague de la Révolution tranquille en 1973, un groupe d’étudiants du Conservatoire d’art dramatique de Québec remet en question le théâtre de répertoire français, voulant le démocratiser et l’adapter à la réalité contemporaine québécoise. Parmi ceux-ci, Rémi Girard, Normand Chouinard et Martine Beaulne fondent la Coopérative du Théâtre Parminou en 1976, le pionnier du théâtre populaire de création et d’intervention.
Le théâtre, ils le veulent social. Leurs productions se dirigent vers des causes comme la prévention envers le phénomène des gangs de rue qui sont présentées dans des écoles, comme la pièce Le Prince Serpent qui atteint près de 500 représentations, partout au Québec, en Ontario, dans les Maritimes et même à l’international, particulièrement en France, Belgique, Afrique et Amérique latine. À cet effet, les artistes reçoivent des formations en langues dont les frais sont assumés par la coopérative. Justice, égalité et démocratie sont leurs principes et leur objectif est ni plus ni moins d’améliorer le sort du monde.
François Roux, scénographe et directeur administratif, et Hélène Desperriers, comédienne et directrice artistique, sont membres travailleurs depuis plus de 30 ans de cette coopérative autogérée, au sein d’un noyau des 12 membres permanents dont plusieurs oeuvrent autant comme artistes qu’à des fonctions administratives. En fait, tous les postes de direction son coassumés, témoignant de la philosophie de collaboration qui règne. Fortement axé vers la participation et la consultation des membres dans un esprit de direction collégiale, ce groupe accueille une cinquantaine de pigistes par année. Pour plusieurs jeunes finissants des écoles de théâtre, Parminou est un tremplin dans le monde du théâtre et une occasion de jouer sur des productions enrichissantes, aux côtés de mentors expérimentés.
Unique au Québec
Parminou n’oeuvre pas dans le réseau traditionnel du théâtre. « On joue partout, même dans les salles de théâtre ! », s’exclame François Roux. Les écoles, les prisons, les entreprises et les grandes causes sont leurs principaux clients. « Nous ne sommes pas des formateurs en entreprise. Notre objectif est plutôt de monter une pièce avec une thématique sociale qui produira du changement et qui n’aura aucune censure », mentionne-t-il. À titre d’exemple de réalisation, citons Les contes de la richesse, adaptation d’un rapport du philosophe économique français Patrick Viveret. Une trilogie théâtrale est produite par trois troupes : Parminou au Québec, la Tribouille en France et Le Théâtre du public en Belgique, chacune adaptant cette série de pièces au contexte culturel de sa nation. Ayant pour thème la relation de l’humain avec l’économie, c’est Clément Guimond, de la Caisse d’économie solidaire Desjardins, qui a proposé l’avènement de la pièce au Québec.
Un autre projet d’envergure qui s’amorce est la collaboration avec la fondation de Guy Laliberté One Drop, où la coopérative s’est engagée à faire de la sensibilisation en Amérique centrale par du théâtre de rue sur la problématique de l’eau. Outre ses prestations artistiques, Parminou a aussi le mandat d’encadrer les artistes professionnels latinos avec les méthodes du théâtre d’intervention bien établies dans la coopérative.
Le nom Parminou n’a pas été choisi au hasard. Il reflète le désir d’être parmi les gens, à la portée des citoyens. Et aussi, parce que tous les fondateurs de l’époque avaient des « minous », le chat étant d’ailleurs le logo de la coopérative !
Coopérative du Théâtre Parminou
150, boulevard Bois-Francs Nord
Victoriaville (Québec) G6P 6S8
Téléphone : 819 758-0577
www.parminou.com
Des comédiens du Théâtre Parminou en pleine action


