Entrevue avec la députée bloquiste, Nicole Demers

Nicole Demers, députée de la région de Laval à la Chambre des communes pour le Bloc québécois depuis 2004, s’est toujours impliquée pour la cause des femmes, des aînés, de la famille et des aidants naturels. Elle a été membre du Forum de la population de la Régie régionale de Laval. Administratrice à la CDR de Montréal-Laval pendant 3 ans, elle a remporté le Prix de la coopératrice bénévole de l’année en 2003. Elle a dirigé des organismes comme la Coop de soutien à domicile de Laval, le Carrefour Intercultures et la Fondation Vivre Chez Soi. La coopération, elle l’a dans le coeur.

Le progrès de la société passe par la coopération

Par Laurence Hallé

La députée bloquiste de Laval, Nicole Demers, martèle que la coopération est au coeur de la solution pour en arriver à une société meilleure. Il ne fait aucun doute dans l’esprit de la politicienne que la coopération doit s’inscrire comme mode de vie pour les citoyens.

Selon la députée fédérale, il s’agit de la seule solution pour contrer l’individualisme régnant et toujours grandissant au sein de la société québécoise. Et Nicole Demers, qui a siégé au conseil d’administration de la Coopérative de développement régional de Montréal–Laval, a bon espoir que la vapeur se renversera grâce, entre autres, au mouvement coopératif. Selon elle, les récents progrès faits en coopération en témoignent. « J’ai assisté dernièrement à l’inauguration d’une maison à Laval, achetée pour et par des personnes avec une déficience intellectuelle. J’ai été très émue de voir que la coopération s’occupe de ces créneaux délaissés, où il y a pourtant tellement à faire », mentionne la politicienne chargée du dossier des femmes à Ottawa1.

Déboulonner les mythes

Pour la députée de Laval, il faut mettre fin au préjugé voulant que la coopération soit à vocation sociale seulement. Elle questionne le fait que les coopératives financières comme le Mouvement Desjardins aient réussi à se tailler une place de choix dans les finances, la chasse gardée des banques, mais que dans d’autres secteurs, la coopération ne soit pas encore très bien perçue. À l’origine de cette percée, la députée suggère la vaste campagne de publicité faite pour convaincre les gens qu’une coopérative pouvait générer beaucoup d’argent, le Mouvement Desjardins gérant plusieurs milliards de dollars annuellement. Le défi, c’est d’étendre cette visibilité aux autres secteurs occupés par la coopération, qui eux aussi connaissent de beaux succès. « L’entreprise de services funéraires Magnus Poirier est un fleuron québécois, elle réussit très bien mais peu de gens savent qu’elle est détenue notamment par une coopérative d’employés », déplore-t-elle.

À qui la faute donc ? La grande lacune de la coopération, selon Nicole Demers, c’est qu’en dehors des personnes oeuvrant au sein du mouvement coopératif, peu de gens savent ce qui est fait dans le domaine. Pour la députée, il faut plus de volonté, d’argent et une campagne de sensibilisation constante. Elle estime également qu’il y a aussi une question d’éducation à faire. Les jeunes devraient ainsi développer le réflexe d’opter pour le modèle coopératif lorsque vient le temps de partir en affaires. « Il y aura de plus en plus de travailleurs autonomes sur le marché et la seule façon pour eux de s’en sortir est d’être solidaire et d’opter pour la coopération », croit-elle.

Selon la bloquiste, les citoyens auraient trop longtemps négligé leur besoin de l’autre. Elle cite l’exemple d’un artiste innu qui, grâce à la coopération, a pu développer un réseau avec d’autres artisans du coin. Une grande avancée si l’on considère que le premier voisin, dans le Grand Nord québécois, peut souvent se trouver à 300 kilomètres de distance. La députée insiste sur le fait que cet artiste a non seulement développé des amitiés avec des personnes partageant la même passion, mais qu’il peut désormais vivre de son art tout en demeurant chez lui, plutôt que d’avoir à déménager dans les grands centres urbains du Québec.


1 Voir l’article sur la Coopérative Entre-Nous en page 40.

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