La Barberie, Coopérative de brasseurs professionnels Saint-Roch

À vos bières, camarades !

Par Laurence Hallé

Saint-Damien, fin des années 90. Trois amis brassent soigneusement leur 600 litres de bière dans un grand appartement où s’entassent les nombreuses connaissances venues aider à l’embouteillage. Lorsque l’un d’eux perd son emploi, ils font le saut et mettent sur pied la Coopérative de travail La Barberie, une microbrasserie artisanale de la basse-ville de Québec.

La frénésie autour de la microbrasserie ne cesse pas, tant et si bien que l’entreprise est en rupture de stock. Les travailleurs ne font aucun démarchage, ils répondent simplement à la demande. « La crise économique, on ne connaît pas ça ici », clame fièrement Bruno Blais, directeur général de La Barberie, dont le nom a été inspiré par les barbes, bien fournies, du trio de membres fondateurs. Depuis le début de l’année financière, l’entreprise a enregistré une hausse de profits qui oscille entre 25 et 30 %. Aux dires de Bruno Blais, il aura fallu beaucoup d’adaptation et d’imagination pour en venir à bout. Le projet initial a dû être remanié à quelques reprises. « On s’est rendu compte que de produire uniquement de la bière en fût, ce ne serait pas rentable. La mise en marché de notre bouteille a été un bon coup », mentionne-t-il.

(Photo ci-haut: Bruno Blais, l’un des fondateurs de la coopérative. Celle-ci produit une quantité variée de bières artisanales)

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation appréciable, dont la venue de l’équipe de tournage d’une émission à la cote d’écoute élevée. Diffusée un vendredi, le lundi suivant a vu des tablettes vidées de produits de La Barberie dans toute la ville. Outre une couverture médiatique enviée, la microbrasserie se démarque avec une diversité de produits impressionnante. La Sangri-Bière côtoie la Blanche aux Mules, meilleure vendeuse du bar. « Nous produisons une soixantaine de bières différentes chaque année », souligne Bruno Blais. L’industrie brassicole du Québec a à peine vingt ans que déjà, elle s’est taillée une place sur le marché international de par sa variété de produits.

Puisque la coopérative est soucieuse de diminuer son empreinte écologique, elle prévoit des rénovations où l’eau sera recyclée davantage et où le chauffage pourra être réutilisé. Afin de stimuler l’industrie brassicole provinciale, les travailleurs s’approvisionneront dès cet automne en houblon bio de Québec et en malt de Thetford Mines.

Des idées de grandeur

Dans le monde idéal de Bruno Blais, les entreprises seraient majoritairement des coopératives et elles créeraient des industries parallèles, également fondées sur le modèle coopératif. « Ça n’arrivera probablement pas mais ce qu’il faut, c’est plus d’éducation sur les coopératives », souligne-t-il. La Barberie y contribue à sa façon en ayant fait l’acquisition l’automne dernier d’un réseau de distribution avec deux autres microbrasseries. La Coopérative Distribière permet non seulement aux entreprises de réduire leurs coûts de livraison, elles peuvent également acheter en gros et bénéficier de meilleurs prix. « On est gagnant sur toute la ligne. Ça a créé un intérêt, nous sommes maintenant neuf microbrasseries dans la coopérative », dit Bruno Blais. Les entreprises membres du réseau de distribution couvrent tout le Québec ou presque, du Lac-Saint-Jean aux Îles-de-la-Madeleine en passant par les Hautes-Laurentides. Cette innovation permet également aux entrepreneurs de percer des marchés autrement inaccessibles parce que trop cher à distribuer seul. Les microbrasseries peuvent aussi se faire connaître par les contacts des autres membres, totalisant 400 clients.

Coopérative de travail La Barberie
310, rue Saint-Roch
Québec (Québec) G1K 6S2
Téléphone : 418 522-4373
www.labarberie.com

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