Portrait des coopératives de l’Outaouais

Par François Léveillé

L’Outaouais est caractérisée par l’importance du secteur tertiaire, qui génère 83 % du PIB régional1. La région se classe ainsi au premier rang parmi les régions du Québec pour le nombre d’emplois relevant de ce secteur. L’activité économique subit toutefois de nombreuses transformations ces dernières années. « La situation socio-économique actuelle nous oblige à revoir nos stratégies de développement tout comme nos façons de s’organiser en société. L’Outaouais a été durement touchée par la crise forestière, et plus récemment, nous subissons les contrecoups de la crise économique dans tous les secteurs de notre économie. La réalité frontalière de l’Outaouais se traduit par ailleurs en une forte compétition pour l’attraction et la rétention de main-d’oeuvre dans les administrations publiques provinciales et municipales, celle-ci étant accentuée par la présence massive de la fonction publique fédérale à Ottawa », précise Paulette Lalande, présidente de la Conférence régionale des élus de l’Outaouais (CRÉO).

Le mouvement coopératif connaît par ailleurs un essor important dans la région, où l’activité coopérative n’est historiquement pas aussi importante que dans les autres régions. Par exemple, on trouve sur le territoire de l’Outaouais 8 coopératives de travail, alors qu’on en retrouve 15 en Abitibi-Témiscamingue et 26 en Mauricie, deux régions moins populeuses. On peut donc penser que la disponibilité d’emplois bien rémunérés au gouvernement fédéral pourrait fournir une partie de l’explication à ce niveau, les gens de l’Outaouais étant moins stimulés à créer leur propre emploi. Au-delà de la prédominance du fonctionnariat dans l’agglomération Ottawa-Gatineau, il importe de souligner une certaine diversification économique, et le portait actuel des 110 coopératives de la région exprime bien cette variété.

Une diversification étonnante

On compte sur le territoire de l’Outaouais 43 coopératives d’habitation, ce qui en fait le secteur le plus important de l’entrepreneuriat collectif dans la région. Viennent ensuite les secteurs des services professionnels et techniques ainsi que celui de la santé et des services sociaux. « Face à la pénurie de médecins qui perdure depuis quelques années et toutes les conséquences que cela entraîne sur la difficulté d’avoir accès à des soins de santé de qualité, les citoyens de l’Outaouais se mobilisent. Les coopératives de santé se multiplient actuellement, autant en milieu urbain que rural », précise Paulette Lalande.

Plusieurs coopératives en loisirs et dans le secteur de l’agriculture s’organisent en milieu rural, alors que les cinq coopératives du secteur de l’alimentation sont établies à Gatineau. Il faut également souligner la mouvance dans le secteur de l’imprimerie et de l’édition, où les coopératives font parler d’elles. Bref, si l’économie de l’Outaouais semble souvent indissociable de l’administration publique, un rapide coup d’oeil nous permet de remarquer que les coopératives enracinées sur le territoire témoignent d’une diversification économique intéressante et innovante… Les besoins des populations appellent des solutions modernes et adaptées, et l’entreprise collective s’établit de plus en plus comme un choix durable. « D’autres types de coopératives voient le jour actuellement, et ce, dans des domaines aussi variés que l’agroalimentaire et le tourisme. Pensons au tout nouveau Marché de solidarité régionale qui regroupe des producteurs agricoles locaux (www.marcheoutaouais.com), ou encore, l’Auberge de jeunesse de la Petite-Nation (www.aubergepetitenation.org), deux exemples à l’image des nouvelles initiatives que nous voyons naître récemment dans la région », de conclure la présidente de la CRÉO.

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