Portrait des coopératives lavalloises

Par Nada Elkouzi

Quelques chiffres

Au 31 décembre 20061, 43 coopératives non financières étaient actives à Laval, ce qui constitue à peine près de 1,8 % de l’ensemble des coopératives du Québec, alors que cette ville compte 4,85 % de la population québécoise. Plus de la moitié des coopératives lavalloises (24) se trouvent dans le secteur de l’habitation, loin devant les autres secteurs d’activités : manufacturier, informatique, services aux entreprises, commerce, hébergement et restauration, services sociaux, économie familiale, loisirs, services personnels et taxi. Au cours des cinq dernières années, la CDR a assisté la création de 9 coopératives, dont 3 travailleurs actionnaires, 2 solidarité, 2 travail et 2 producteurs.

Les coopératives lavalloises ne sont pas moins dynamiques malgré leur faible nombre. À l’exception du chiffre d’affaires qui a crû de 16 %, légèrement en dessous de la moyenne québécoise (18 %), les autres indicateurs de croissance2 sont très positifs. Ainsi, le nombre des membres a augmenté de 32 % comparativement à 6 % au Québec. Les emplois ont augmenté de 30 % par rapport à 15 % au Québec, et ce, bien que le nombre de coopératives lavalloises soit resté inchangé entre 2001 et 2005.

La coopérative, une formule méconnue à Laval

Malgré tous les efforts déployés ces dernières années, la formule coopérative a beaucoup de mal à percer dans cette région à cause de plusieurs facteurs. Le premier est lié à la structure de gouvernance de Laval qui cumule à la fois le statut de ville, de municipalité régionale de comté (MRC) et de région administrative ; cette particularité lavalloise qui est un avantage indéniable quant il s’agit de développer une stratégie régionale cohérente, peut engendrer des difficultés à diversifier le référencement et les activités de promotion coopérative. D’autres éléments peuvent expliquer le faible développement coopératif sur ce territoire, notamment, sa nature entrepreneuriale orientée vers « l’entreprise privée », son réseau communautaire « tissé serré » où l’on privilégie la formule OBNL (organisme à but non lucratif) et le manque de promotion.

Potentiel de développement

La région de Laval gagnerait à accorder une place au modèle coopératif qui pourrait jouer un rôle important en regard des orientations de la Conférence régionale de élus de Laval dans son plan stratégique 2008- 2013, axé sur l’écocitoyenneté. Ce plan inclut des enjeux comme le développement durable, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la promotion de la santé, l’offre de services à la population vieillissante, le logement, la préservation et le développement de l’activité agricole, où la formule coopérative excelle. Par ailleurs, la coopération peut être considérée comme alternative pour la relève dans les entreprises compte tenu de l’important bassin d’entreprises que représente Laval. Dans cette optique, la collaboration entre la CDR et le Centre local de développement est excellente en regard de la mise sur pied de coopératives de travailleurs actionnaires.

Projets novateurs

De nouveaux projets coopératifs commencent à voir le jour à Laval. Mentionnons la Coopérative de solidarité Entre-Nous, à la création de laquelle la CDR et la Fédération des coopératives d’habitation intermunicipale du Montréal métropolitain (FECHIMM) ont collaboré. Dans un tout autre domaine, on peut mentionner l’arrivée de la Coop Paniers-Saveurs de Laval regroupant des producteurs agricoles locaux et qui consiste à livrer des paniers de fruits et légumes en milieu de travail. Quand on sait que la zone agricole représente près du tiers du territoire lavallois, on peut se douter du potentiel de développement de coopératives dans ce secteur.


1 Direction des coopératives du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (2007), Coopératives du Québec – Données statistiques.
2 Idem.

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