Portrait des coopératives montréalaises

Par Nada Elkouzi

Quelques chiffres

Au 31 décembre 20061, il y avait 2 645 coopératives non financières actives au Québec, dont 27 % sont à Montréal (710 coopératives). La majorité (79 %) des coopératives montréalaises sont des coopératives d’habitation. Les 151 autres coopératives oeuvrent dans des secteurs très variés qui vont des arts et spectacles aux services-conseils, en passant par le milieu scolaire, l’informatique, l’hébergement, la restauration et les services aux entreprises, pour ne citer que les plus importants.

Depuis les cinq dernières années, la Coopérative de développement régional de Montréal-Laval a aidé 64 coopératives à voir le jour, dont 55 à Montréal. Ainsi, ce sont 340 emplois qui ont été créés ou maintenus dans ces coopératives. 44 % (28 coopératives) d’entre elles ont choisi la formule « coopérative de solidarité ». Les autres sont réparties entre trois formules coopératives : travail (20), producteurs (10) et travailleurs actionnaires (6).

Le dynamisme des coopératives montréalaises

Les indicateurs de croissance2 montrent que les coopératives montréalaises sont très dynamiques par rapport à l’ensemble des coopératives du Québec. En effet, bien qu’elles soient sous-représentées en nombre par rapport à l’ensemble du Québec, elles connaissent une augmentation plus grande au niveau de leur membership puisque son taux de croissance était de 20 % entre 2001 et 2005, alors qu’il était de 6 % pour le Québec. Quant à leur chiffre d’affaires pendant la même période, il a crû de 29 % relativement à 18 % pour les coopératives québécoises. Enfin, le nombre d’emplois créés dans les coopératives montréalaises a augmenté de 20 % par rapport à 15 % pour la province.

Potentiel de développement

De par ses valeurs de démocratie, de prise en charge, d’égalité, d’équité et de solidarité, le modèle coopératif est sans contredit un important outil de développement urbain. Le potentiel de ce mode d’organisation réside dans sa capacité à répondre aux principaux enjeux socioéconomiques3 tels qu’ils ont été identifiés par les acteurs montréalais : 1. Développement économique, social et solidaire, 2. Environnement et développement durable, 3. Culture et savoir, 4. Cohésion sociale et participation citoyenne, 5. Entrepreneuriat chez les jeunes, 6. Entrepreneuriat féminin et 7. Entrepreneuriat pour les personnes issues de l’immigration.

Une stratégie de développement régionale

Par ailleurs, le modèle coopératif est loin d’être exploité à son plein potentiel à Montréal puisqu’il fait face à de nombreux défis qui limitent son développement et qui sont liés entre autres à la méconnaissance du modèle et aux difficultés de promotion et d’accompagnement. En vue de mobiliser les acteurs socioéconomiques montréalais, la CDR de Montréal-Laval, en collaboration avec ses partenaires4, a organisé en mars 2009 un colloque sur la question qui, en plus d’être l’aboutissement d’une démarche initiée il y a plus d’un an, aura été le prélude à d’autres actions concertées. Il faut, toutefois, reconnaître que le développement du modèle coopératif à Montréal ne doit pas se faire de la même manière qu’il se fait en région, d’où la nécessité de mettre en oeuvre une stratégie de développement régionale en concertation avec les acteurs montréalais.

 


1 Direction des coopératives du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (2007), Coopératives du Québec – Données statistiques.
2 Émilien Gruet (2008), Pour une stratégie montréalaise en faveur du développement coopératif – Phase I : Analyse du potentiel coopératif montréalais, CDR Montréal–Laval et CÉSÎM.
3 Idem.
4 Comité d’économie sociale de l’Île de Montréal (CÉSÎM), Réseau de la coopération du travail du Québec et Chantier de l’économie sociale.

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